01.11.2009
Le livre à la demande
Les auteurs ont compris tout récemment qu'ils pouvaient prendre en charge leur production. Tous les mouvements qui apparaissent dans le secteur de l'édition les invitent à se dégager de la tutelle de l'éditeur et rejoindre ainsi la cohorte des auteurs qui s'éditent eux-mêmes. Notre temps rejoint celui de la fin du Moyen Age qui a vu se répandre la fonction de moine copiste. Ce manuscrit enluminé recopié à la main, aujiourd'hui fait figure de premier "livre à la demande". De la copie à la main, on passe aujourd'hui à la reproduction via la machine.
Les technologies de l'imprimerie viennent confirmer que cela est devenu possible. Imprimer un livre à la demande d'ici quelques années sera une solution disponible rapidement pour faire circuler les écrits en excluant toute nécessité de stockage. Solution idéale qui va sans doute modifier profondément le métier de l'éditeur, mais aussi celui du libraire.
Ce qui va demeurer difficile, voire impossible pour de nombreux auteurs, c'est de découvrir son réseau de lecteurs. En devenant l'auteur qui s'édite, il faut donc apprendre à communiquer pour capter l'attention de l'autre. Et communiquer ne signifie pas seulement de clamer "mon livre est le meilleur". Les dernières enquêtes publiées montrent que les réseaux tels que Myspace ou Facebook ne générent rien en terme de ventes de livres ou presque rien (17%). Le réseau Twitter se révèle aussi peu efficace. Il est possible que ces réseaux s'effondrent d'eux mêmes d'ici quelques années, les communautés d'individus seront alors lassés de devenir les voyeurs d'autrui emprisonnés dans leur solitude.
Comment communiquer sur le livre que l'on vient d'éditer soi-même après l'avoir écrit ? Savoir dégager 2 ou 3 lignes de force, mais aussi et surtout être capable de s'inscrire dans un sujet ou une thématique. Ce n'est pas en parlant de soi directement qu'il sera aisé de solliciter l'attention des lecteurs. C'est plutôt en participant aux débats des idées sur le sujet traité dans votre ouvrage. Peut être y aura-t-il plus de livres que des lecteurs ? Tous les experts peuvent se prononcer certes sur l'avenir du livre. Aucune direction précise ne se dessine. Les grandes entreprises qui investissent dans les nouvelles technologies, maquillent leurs résultats pour inventer le marché.
Tout le pouvoir de décision est entre les mains du lecteur. Communiquer vers le lecteur, c'est savoir le séduire, le faire rêver, lui procurer de la pensée. C'est cela, le livre, quelque soit le sujet, c'est de donner les moyens aux lecteurs d'apprendre, de satisfaire sa curiosité et de s'enrichir. Le livre est un territoire de partage. Communiquer via des blogs ou des mails, c'est diffuser des idées, des pensées, des conduites, des réflexions. C'est s'introduire dans la langue (le parler) de l'autre et choisir les mots justes pour que le lecteur accepte de se laisser interpeller.
23:00 Publié dans Création de livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livre à la demande, livre à la carte
22.09.2009
Google : champion de la numérisation des livres ? Pas si sûr...
L'information telle qu'elle est pratiquée actuellement a pour mission d'angoisser le citoyen ordinaire. Ainsi à propos de Google, le plus grand "numérisateur" de livres dans le monde, ce géant serait sur le point d'avaler tous nos livres et les redistribuer en en tirant profit, asphyxiant de ce fait la profession de libraire... La culture va disparaître, nous dit-on, les livres vont être bon à mettre au feu, remplacés par des fichiers sur notre téléphone portable. On pourrait remplir toute la note de ce discours inquiétant, qui vagabonde sur le phénomène de la peur.
Il se trouve que par hasard, un internautre m'a envoyé ce lien qui correspond à une recherche d'un titre de livres : "Les Lettres de Mentor à un jeune seigneur", roman paru en 1764 sous la signature de l'Abbé Prévost, et publié à titre posthume. Si vous recherchez ce titre dans la vaste bulle numérique que Google Books a savammant constituée, voici le résultat que vous obtiendrez.
http://www.archive.org/stream/lettresdementor00prgoog/let...
Le résultat est très grave. La fonction OCR du processus de numérisation a transformé ce texte lisible en un texte illisible donc inaccessible aux lecteurs. De là à tirer à boulets rouges sur Google, il n'y qu'un pas à faire que je ne ferai pas. Le système du géant Google a ses limites. Il a l'avantage d'obliger les professionnels de la lecture et du livre à inventer de nouveaux dispositifs pour faire en sorte que la lecture s'adapte à de nouveaux modes de vie. On ne sait si les générations futures liront plus ou moins. Google ne doit pas faire peur. Google, le nom magique d'une entreprise créée par une poignée de jeunes gens doués et intelligents, cachés dans une petite agglomération des Etats Unis, fait parler de lui sans cesse à tel point que la marque devient un substantif, voire un verbe d'action "je googelise" pour dire "je recherche sur internet"...
A nous qui aimons les livres d'établir des alliances entre papier et numérique, et de travailler au service de la littérature et non pas au détriment de celle-ci.
Pour votre information, nous sommes en train de mettre en place le premier site de téléchargement de chapitres de livres en français. Il suffit d'aller voir Artelittera
16:20 Publié dans Edition numérique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : google, numérique, bibliothèque
05.08.2009
Les boîtes à musique
La boîte à musique, qu'elle soit un jeu pour les enfants, ou un objet de collection, ou de décoration, possède une place à part sur l'étagère des objets insolites. Le minuscule mécanisme à cylindre en laiton garni de pointes qui dans un ordre bien défini, soulèvent puis relâchent des lames en acier pour reproduire un air de musique est une invention attribuée à un genevois nommé Antoine Favre, en 1796. L'invention s'intitule alors "carillon sans timbre ni marteau". Par la suite, le mécanisme a été revu et corrigé par d'autres "ingénieurs" et s'est vulgarisé sous le titre de boîte à musique, de la plus simple à la plus sophistiquée.
La boîte à musique en Europe est donc une invention somme toute récente qui se répand dans les belles demeures du XVIIIe et XIXe siècles comme un objet de curiosité. Mais le mécanisme destiné à produire de la musique sera suffisamment bien diffusé pour être peu à peu introduit dans des montres, des bagues, des pendules, des tabatières.
Aujourd'hui la Suisse demeure le berceau européen de la création des boîtes à musique, et plus particulièrement le canton de Vaud. L'entreprise Sainte-Croix, spécialiste des boîtes à musique et des oiseaux chanteurs, vient de réaliser une boîte à musique spécialement pour la venue du Dalaï Lama à Lausanne en août 2009. Et la musique reproduit des notes de chants tibétains.
La boîte à musique est aussi inutile que l'éventail. Et pourtant, inventeurs, artistes, artisans rivalisent d'imagination pour offrir à l'un ou l'autre de ces objets des apparences presque fastueuses. La plupart du temps une petite clé magique qu'on tourne déclenche le phénomène sonore.Rien d'étonnant donc au fait que l'imaginaire ait associé l'oiseau à la boîte à musique. Aujourd'hui la boîte à musique si elle a connu ses heures de déclin à la fin du XIXe siècle réapparaît sous des formes multiples. Objet de collection, elle rivalise d'ingénuosité et se laisse volontiers admirer, car la boîte à musique, qu'on le veuille ou non, a quelque chose à voir avec la magie de l'enfance, une part de rêve qui peut resurgir à tout instant si l'on veut bien ouvrir la porte et laisser le chant de l'oiseau filer tout droit vers le ciel.
Basée sur la technique inventive de la boîte à oiseau, la boîte à musique présentée dans le visuel ci-contre comprend deux oiseaux mécaniques dans une même scénette musicale placés sous un globe qui laisse le mécanisme apparent basé sur un soufflet diffusant de l'air dans des sifflets. Les deux oiseaux agitent les ailes, la queue et claquent du bec au rythme de la musique qui dispense un son flûté semblable au chant des oiseaux.
Cette boîte à musique est disponible sur le site de Quelle est Belle Compagny
19:39 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : quelle est belle compagny, appeau, serinette, boite musique, françois morel, appeaux, oiseaux, appelants

