30.04.2009
Le numérique pour valoriser les écrits de recherche universitaire !
Après des mois de réflexions, nous arrivons au bout de la période de gestation.
Prochainement, nous ouvrirons un nouveau site : artelittera.com
Sur cette plate-forme de téléchargement de chapitres de livres ou d'articles, vous pourrez acheter à un prix constant (1 euro) 15 ou 20 pages extraites d'un ouvrage papier.
Aujourd'hui le site est visible mais ne sera pas en production avant la fin mai 2009, ce qui veut dire que vous ne pourrez pas déclencher un acte d'achat d'ici cette date.
Ce site va sans doute provoquer des réactions diverses et variées. Nous en avons déjà reçues : "c'est honteux ! ce projet va à l'encontre de la lecture et du livre !" ou bien " je suis dépassé par ce genre d'innovation..." ou "ce n'est pas assez cher !..."
Ce que nous pensons :
Aujourd'hui notre culture est mondiale. La France comme de nombreux pays industrialisés n'échappera pas à la diffusion de nouveaux supports de lecture. Les jeunes générations sont très à l'aise avec les écrans pour lire, écrire, communiquer, travailler, étudier, etc. Comme le dit Richard Millet, écrivain et éditeur des éditions Gallimard (mais dans un autre contexte, dois-je le préciser ?), les lecteurs de livres sont déjà des dinosaures...
Nous pensons que la numérisation des ouvrages est un formidable moyen de diffuser la pensée des chercheurs universitaires.
Si le téléchargement payant d'articles scientifiques s'est largement répandu sur le web, les disciplines littéraires et de sciences humaines sont nettement moins valorisées.
C'est pourquoi nous allons proposer aux internautes d'acquérir en téléchargement payant des chapitres d'essais ou études en littérature française, philosophie, spiritualités, sciences humaines, économie, politique, finances, mais aussi histoire de l'art.
Notre ambition est de valoriser sur la toile des travaux de recherches universitaires francophones dans un espace largement dominé par la langue anglaise.
Notre exigence intellectuelle fait que nous diffuserons des articles ou chapitres de qualité pouvant circuler au-delà de la communauté française.
Notre souci c'est aussi de valoriser l'écrit, et donc le livre publié. C'est pourquoi chaque chapitre présentera toujours en lien le site de l'éditeur ainsi que la couverture de l'ouvrage.
Nous travaillons indépendamment des institutions culturelles françaises ou européennes. Notre projet a l'ambition de permettre aux chercheurs francophones de faire-valoir leurs travaux par un outil favorisant leur circulation. Un chercheur, pour exister, a besoin de voir son travail cité en référence par d'autres chercheurs, en France ou à l'étranger.
D'ores et déjà, faites-nous partager vos réactions sur cette initiative.
Si vous êtes étudiant, chercheur universitaire ou autre, et si vous recherchez un chapitre précis en relation avec vos travaux de recherche, donnez-nous les références, nous en tiendrons compte.
12:37 Publié dans Edition numérique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : numérique, numérique la feuille, la feuille, actualitté, édition numérique, téléchargement chapitres livres, livre nuémrique, gallica2, europeana, kindle
24.04.2009
L'auto-édition ?
C'est rare qu'une éditrice ou un éditeur parle favorablement de l'auto-édition.
De nombreux auteurs n'ont pas leur place chez les éditeurs ; ils sont plus efficaces qu'une maison d'édition pour promouvoir leurs textes. Je les encourage, lorsqu'ils m'adressent des manuscrits, à choisir cette voie.
Grâce à l'explosion de l'impression en numérique qui aujourd'hui présente toutes les qualités d'impression que l'on est en droit d'exiger pour publier un livre, l'auto-édition devient un projet facile à réaliser.
La seule mise en garde que j'émets, c'est le fait que l'auteur n'est pas à même de se relire, de se corriger, voir de se ré-écrire. Et sauf s'il est doué pour çà, il n'est pas le meilleur pour procéder lui-même à la mise en pages de livres. Les maisons d'édition disposent de savoirs intégrés dans leur fonctionnement permettant de réaliser ce type de travaux.
Un livre qui propose un texte mal corrigé, avec des fautes de typographies ou d'orthographes, dont la mise en pages n'a pas laissé de place pour les marges, etc. c'est un livre qui ne séduira pas le lecteur. Donc le projet de l'auto-édition entrainera alors une perte de temps et d'argent !
D'où le fait que depuis plusieurs années déjà, j'ai mis en place une agence Le Livre à la carte, spécialisée en corrections, réécriture et mise en pages de livres. Cela nous permet d'accompagner les auteurs qui nous sollicitent sur des chemins qu'ils connaissent peu ou mal. A charge pour eux de faire la promotion et la commercialisation de leur ouvrage, une fois imprimé, tandis que nous les accompagnons sur l'écrit à mettre en pages jusqu'à l'impression. Il faut faire appel à des imprimeurs spécialisés en numérique, disposant d'un parc technologique de pointe, ce qui permet d'imprimer des ouvrages de très belle facture, à 100 ou 200 exemplaires, voire moins. La solution est idéale puisqu'on peut réimprimer à la demande et ainsi supprimer les stocks et donc l'immobilisation financière.
A la fin de l'année 2009 à New York, se tiendra le premier salon de l'auto-édition : http://www.selfpubbookexpo.com/
Ce projet mérite d'être remarqué car, s'il prend de l'ampleur, il pourrait à terme modifier les fonctions principales des maisons d'édition.
En effet il se peut qu'avec l'explosion de la bulle internet en matière de commercialisation d'ouvrages, avec le développement des plateformes de téléchargement, on puisse s'attendre à voir d'ici 10 ans de nouvelles zones de production de livres qui n'auront pas besoin des maisons d'édition, devenues des sortes de dinosaures pour la circulation des livres.
Il faut rester ouvert sur le monde qui bouge.
13:19 Publié dans écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : comment se publier, se publier soi-même, auto-édition, auteur-éditeur, le livre à la carte, editer son livre, selfpubbookexpo
05.04.2009
La littérature érotique
Les collections de textes érotiques sont en nombre réduit. Elles manquent totalement de créativité. Quelques initiatives émergent ici et là dans le domaine français, qui correspondent davantage à une opération commerciale.
Nombreux sont les auteurs qui présentent des textes de fiction, aux maisons d'édition, plus ou moins érotisés. En aucun cas on ne peut dire que ce type de littérature contemporaine a des liens avec la littérature érotique. Mais lire un "manuscrit érotique", c'est forcément s''interroger sur les frontières possibles entre littérature érotique et littérature pornographique.
Au plan marketing, on dit que l'édition de textes érotiques se porte bien. Même les Éditions du Seuil récemment ont lancé une collection "rose" pour tenter de séduire un lectorat. On ignore si à ce jour les résultats des ventes satisfont les prévisions de marché.
Les femmes écrivent de belles pages de littérature érotique. Avec beaucoup d'imagination sensuelle. Avec finesse et intelligence. L'histoire érotique met en scène des rencontres amoureuses ou libertines qui tranchent radicalement avec les nombreux textes d'auto fiction, que les éditeurs reçoivent, traitant d'un sujet très ordinaire, celui de l'amour perdu, l'amour malheureux, le couple déchiré. Les femmes, mieux que les hommes, savent traduire le désir, la séduction, mais aussi savent, au gré de leur imagination, mettre en scène des postures licencieuses.
Les hommes, plus pudiques, maitrisent moins bien ce genre d'écriture. Et curieusement nos célèbres auteurs de littérature érotique française sont principalement des hommes. C'est un paradoxe.
Il m'arrive de ré-écrire des textes érotiques écrits par des hommes.
A la demande de ces derniers, je remets en forme, je reprends, je corrige, je réajuste, toujours en accord avec l'auteur. Lorsque le travail est achevé, l'auteur, la plupart du temps, se rend compte qu'en effet une femme a su traduire avec davantage de qualités, ce terrain particulier des émotions intimes, tout en respectant le point de vue de l'auteur masculin.
Mais cela dit, comment décider de la valeur de tel ou tel texte érotique ? Le texte érotique n'a de valeur qu'à partir du moment où il entre dans l'espace du fantasme. Beaucoup de textes érotiques médiocres commentent ou racontent des scènes vécues ou imaginées, mais sans accorder une place privilégiée au fantasme.
Récemment, j'ai lu un texte érotique d'André Pieyre de Mandiargues (1909-1991) que je n'avais jamais lu : L'Anglais décrit dans le château fermé (Coll. L'Imaginaire, Gallimard). Ce texte d'influence sado-masochiste est uniquement composé de scènes de tortures, mise en scène par un personnage monstrueux, Monsieur de Montcul, qui accueille le temps d'un week-end le narrateur, curieux et libertin, dans son château de Gameluche érigé sur un socle de rochers en pleine mer si bien que l'accès n'est possible qu'à marée basse ; dès l'arrivée du narrateur dans cet enfer, les scènes érotiques les plus cruelles vont se succéder à un rythme inouï. Lors de la ré-édition de ce texte, André Pieyre de Mandiargues écrit dans son introduction : " Chez moi (puisque c'est de l'auteur de L'Anglais dont il est question) comme chez de nombreux écrivains d'origine protestante, Français du XVIe siècle ou Anglo-Saxons du XIXe principalement, je sais bien qu'une certaine érotomanie et un certain puritanisme font un singulier mélange où les deux constituants, qui mutuellement s'exaltent, sont en contraste moins vif qu'on ne penserait. Au fond de la plupart de nous, dans des caves que beaucoup je le reconnais, savent tenir fermées, le sadomasochisme fait étinceler des feux de joie qui célèbrent les noces spirituelles du salut et de la damnation"
C'est l'ouvrage le plus "abominable" (c'est le qualificatif employé par l'écrivain lui-même) de l'œuvre d'André Pieyre de Mandiargues.
La littérature érotique, si elle dispose d'un volet pour des textes d'inspiration sado-masochiste, englobe également de nombreuses autres catégories où le corps est exalté et réjoui dans des dimensions festives que l'écriture peut servir admirablement.
C'est pourquoi la littérature érotique, à penser sous forme de catégories, constitue un genre délicat et complexe.
Décider d'éditer un texte érotique, c'est faire un choix conscient dans le champ des désirs. Pas facile !
La photo qui illustre cet article est signée Man Ray.
A lire : Récits érotiques et fantastiques, de André Pieyre de Mandiargues (Auteur), sous la direction de Gérard Macé et Sibylle Pieyre de Mandiargues, Collection Quarto Gallimard, 2009.
15:39 Publié dans Lire les manuscrits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : manuscrit, édition, publier, auteur, écrivain, éditeur, pieyre de mandiargues, littérature érotique, conte érotique, maison d'édition, chantal vieuille, éditrice, collection quarto gallimard

