29.11.2009
Les Assises du Numérique
Les Assises du livre numérique du 25 novembre 2009 au Palais de la Mutualité à Paris (75005) réunissaient environ 400 professionnels de l'édition. Sur l'estrade, trois interlocuteurs ont présenté en anglais le fonctionnement de dispositifs particuliers en faveur du livre numérique, Libreka pour l'Allemagne, Penguins pour les Anglais. Enfin, présentation du projet européen Arrow par des italiens. Le tout sous l'égide de Virginie Clayssens dont je ne peux que saluer l'intelligence, seule personnalité parmi quelques autres (dont Françoise Benhamou - on remarquera l'influence de la pensée des femmes dans ce domaine -) à véritablement comprendre les enjeux du numérique dans l'édition, à un niveau mondial.
L'assemblée composée d'hommes et de femmes attentifs, chacun équipé d'un système d'écouteurs pour recevoir les traductions en simultané des propos des invités parlant sur l'estrade.
Que penser de tout cela ? Après avoir suivi les précédentes réunions sous l'égide du SNE consacrées à l'édition numérique (à mon avis, mais je peux me tromper, réunissant beaucoup plus de monde), et suite à l'expérience que je mène au titre du site que je développe sous le label www.artelittera.com on constate que la communauté des éditeurs français (peut-être vieillissante ?) a beaucoup de mal à se propulser vers l'avenir. On observe une incapacité à prendre une décision, on observe donc un véritable attentisme. Cet attentisme peut s'avérer à terme dangereux. Tandis que l'édition française souffre d'autisme chronique, l'édition mondiale investit, s'engage, déploie des efforts significatifs dans l'espace du numérique. Toutes les solutions mises à disposition des publics ne seront pas viables. Nombre d'expériences sans doute se révéleront être des échecs à moyen terme. Peu importe : des hommes et des femmes agissent, motivés par l'enthousiasme des pionniers.
A mes côtés, ce jour-là, une femme, agent littéraire, colombienne de naissance, installée à Madrid, qui circule dans tous les salons du livre internationaux pour vendre des droits d'éditeurs espagnols. Elle m'invite à prendre un verre au café près de la Mutualité. Nous nous ennuyons en écoutant l'éditeur de chez Pinguins présenter son dispositif de lecture sur internet. Là devant mon café (tandis qu'elle déjeune à 16 heures d'une assiette de foie gras) elle me confie sa curiosité pour l'édition numérique, son vif intérêt pour tout ce qui se passe ici et là, me confirme que les Français sont trop prétentieux avec leur culture vouée à disparaître... Je lui donne ma carte de visite, lui précise l'ambition de l'innovation que nous mettons en place. Elle se réjouit. Nous nous retrouverons l'an prochain à Madrid. C'est promis. En attendant, nous allons échanger via le courrier électronique et peut être mettre une relation professionnelle en place.
A l'heure où je rédige cette note, je me souviens : Mercredi après midi à la Mutualité, c'était une réunion très sage, avec des publics sceptiques, et quelques énergumènes, convaincus, faisant figure de fou solitaire...
15:17 Publié dans Edition numérique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : numérique, livre numérique, sne, les assises du livre numérique
01.11.2009
Le livre à la demande
Les auteurs ont compris tout récemment qu'ils pouvaient prendre en charge leur production. Tous les mouvements qui apparaissent dans le secteur de l'édition les invitent à se dégager de la tutelle de l'éditeur et rejoindre ainsi la cohorte des auteurs qui s'éditent eux-mêmes. Notre temps rejoint celui de la fin du Moyen Age qui a vu se répandre la fonction de moine copiste. Ce manuscrit enluminé recopié à la main, aujiourd'hui fait figure de premier "livre à la demande". De la copie à la main, on passe aujourd'hui à la reproduction via la machine.
Les technologies de l'imprimerie viennent confirmer que cela est devenu possible. Imprimer un livre à la demande d'ici quelques années sera une solution disponible rapidement pour faire circuler les écrits en excluant toute nécessité de stockage. Solution idéale qui va sans doute modifier profondément le métier de l'éditeur, mais aussi celui du libraire.
Ce qui va demeurer difficile, voire impossible pour de nombreux auteurs, c'est de découvrir son réseau de lecteurs. En devenant l'auteur qui s'édite, il faut donc apprendre à communiquer pour capter l'attention de l'autre. Et communiquer ne signifie pas seulement de clamer "mon livre est le meilleur". Les dernières enquêtes publiées montrent que les réseaux tels que Myspace ou Facebook ne générent rien en terme de ventes de livres ou presque rien (17%). Le réseau Twitter se révèle aussi peu efficace. Il est possible que ces réseaux s'effondrent d'eux mêmes d'ici quelques années, les communautés d'individus seront alors lassés de devenir les voyeurs d'autrui emprisonnés dans leur solitude.
Comment communiquer sur le livre que l'on vient d'éditer soi-même après l'avoir écrit ? Savoir dégager 2 ou 3 lignes de force, mais aussi et surtout être capable de s'inscrire dans un sujet ou une thématique. Ce n'est pas en parlant de soi directement qu'il sera aisé de solliciter l'attention des lecteurs. C'est plutôt en participant aux débats des idées sur le sujet traité dans votre ouvrage. Peut être y aura-t-il plus de livres que des lecteurs ? Tous les experts peuvent se prononcer certes sur l'avenir du livre. Aucune direction précise ne se dessine. Les grandes entreprises qui investissent dans les nouvelles technologies, maquillent leurs résultats pour inventer le marché.
Tout le pouvoir de décision est entre les mains du lecteur. Communiquer vers le lecteur, c'est savoir le séduire, le faire rêver, lui procurer de la pensée. C'est cela, le livre, quelque soit le sujet, c'est de donner les moyens aux lecteurs d'apprendre, de satisfaire sa curiosité et de s'enrichir. Le livre est un territoire de partage. Communiquer via des blogs ou des mails, c'est diffuser des idées, des pensées, des conduites, des réflexions. C'est s'introduire dans la langue (le parler) de l'autre et choisir les mots justes pour que le lecteur accepte de se laisser interpeller.
23:00 Publié dans Création de livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livre à la demande, livre à la carte

