07.12.2009
Ré-écriture d'un texte
Beaucoup d'auteurs ne sont pas concernés par la mission de réécriture qui consiste à confier son texte à une personne extérieure afin de lui redonner une architecture cohérente, reprendre certains passages, les transformer sans jamais atérer le sens, enfin faire en sorte que ce texte acquiert toutes les qualité de lisibilité nécessaires pour devenir un bon texte.
Il y a des textes impossibles à ré-écrire, quand bien même l'auteur le souhaiterait. Il s'agit alors de textes singuliers, disposant de leur propre personnalité, de leur langue, etc.
La ré-écrture impose de la part de celui qui va mettre en oeuvre cette mission, de s'effacer au profit de l'auteur. C'est un travail à faire dans l'humilité. Que veut dire l'autseur ? Pourquoi veut-il écrire ceci ou cela ? Il faut alors intégrer son système de pensée et l'adapter à l'univers de compréhension qui est le nôtre. Il y a des ré-écritures qui s'appuient essentiellement sur la parole de l'auteur. Ce dernier en général a écrit seulement quelques feuillet. Il sait ce qu'il veut dire mais manque de liberté pour s'approprier les arcanes de la langue écrite.Le travail devient minutieux, comme un orfèvre.
La ré-écriture est un style. Ne pas être précieux là où l'auteur revendique du simple, de l'ordinaire, du populaire, etc. La ré-écriture exige une grande discipline sur soi. Oublier soi pour écouter l'auteur et l'aider à se mettre en relation avec le lecteur à venir.
Peu nombreux sont ceux qui aiment faire ce travail souvent fastidieux, mais ô combien riche d'enseignements, d'expériences de la vie. C'est pourquoi cette prestation a son coût financier. Ni trop cher, ni pas assez cher. Mas avant de définir le coût, il faut définir avec soin la relation qui va s'établir entre l'auteur et son ré-écriteur. La mission peut se poursuivre sur plusieurs mois. On va écrire, déchirer les feuillets, recommencer, relire, gommer, raturer, reconnaître que ça ne va pas, recommencer encore. Mais l'auteur est là, sans cesse sollicité. "Qu'en pensez-vous ? Est-ce que cette partie vous convient ?"
La ré-écriture de documents d'information est plus aisée. En général on intervient dans un domaine plus ou moins connu. Il n'y a pas d'affect. On écrit à la place de l'auteur. On ré-écrit derrière l'auteur.
Le plus grand plaisir pour celui qui ré-écrit, c'est d'entendre l'auteur lui confier : "Là dedans je me reconnais bien !"
Chaque fois que je reprends ainsi un texte pour un auteur, je fais en sorte que nous parvenions ensemble à ce stade de pleine et entière satisfaction.
11:43 Publié dans écriture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ré-écriture, nègre, écriture
22.05.2009
Pourquoi écrivez-vous ?
Le PDG de Google, Eric Schmidt, récemment devant un public de 6000 étudiants de l'Université de Pennsylvanie, a encouragé son auditoire à éteindre les ordinateurs et les téléphones portables et prendre ainsi le temps de découvrir tout ce qu'il y a d'humain autour de soi. Cette invitation est remarquable et fait rêver. Pourquoi écrivez-vous ? parce que j'ai décidé de prendre le temps de rêver.
La société post industrielle dans laquelle nous vivons tue le rêve. Cette invitation est encore plus remarquable quand on sait qu'elle s'adresse à des jeunes gens qui viennent de terminer leurs études (c'était une séance de remise de diplômes de fin d'études) et qu'on peut imaginer que leurs premières années de vie professionnelle vont se dérouler devant des écrans et l'oreille collée contre un Blackberry ou un Iphone.
Au XXe siècle, il y a deux générations seulement qui ont pris le temps de rêver. La première est celle des artistes Dadaistes et Surréalistes, à la sortie du cauchemar que fut la Première Guerre mondiale ; ces jeunes gens dont nombreux avaient été enrôlés dans la guerre se sont rassemblés pour inventer une façon de vivre, où l'art et la poésie affirmeraient des valeurs politiques. Sous la houlette d'André Breton, ils ont remis en cause un système de valeurs traditionnelles et établies pour donner la parole à l'imaginaire. Cela a démarré en Europe et plus particulièrement en France, et le mouvement s'est propagé peu à peu au delà de l'Atlantique sur le continent américain. On peut considérer que le surréalisme meurt pendant la Seconde guerre mondiale. La seconde génération est celle des Hyppies des années 1960 et là le mouvement partira des Etats Unis et rayonnera dans toute l'Europe. Une génération de jeunes se soulève contre celle de leur parents, prône le renversement de valeurs bourgeoises, développe une nouvelle façon de vivre et là les femmes prennent réellement la parole. La part utopique de la génération hyppies est puissante parce qu'elle associe toutes sortes de revendications associées à toutes sortes de groupuscules.
Pourquoi écrivez-vous ? parce que j'ai décidé de prendre le temps de rêver. Je pose la question régulièrement aux auteurs de manuscrits. Les auteurs ne rêvent pas. Du moins ils ne le disent pas. Ils n'osent peut être pas le dire... Ils préfèrent parler de leur désir d'être connus ou reconnus (alors ils sont tellement nombreux qu'on ne les entend plus, on ne les remarque plus, ces auteurs là qui veulent bénéficier d'une heure de gloire grâce à un petit livre publié). Ils se justifient par le fait qu'ils ont quelque chose à dire... L'écriture est ce lieu fantastique où je (je = celui qui écrit, et non pas moi l'auteur du blog) me recentre, où je frôle les désirs, où je laisse apparaître l'autre face du miroir, ce que je ne montre pas dans la vie quotidienne. L'écriture est un territoire qu'il faut apprivoiser longuement, comme un jardin. L'écriture c'est aussi un lieu de confrontations, de dialogues et de pensées avec l'autre. L'écriture épouse l'intime et ne peut se satisfaire de "gloire" éphémère.
Ce matin, je remercie le PDG de Google de rappeler le rôle majeur de la poésie.
10:03 Publié dans écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écrire, publier, éditer, editions, roman, écrivains, livre à la carte, blog, chantal vieuille, editrice
24.04.2009
L'auto-édition ?
C'est rare qu'une éditrice ou un éditeur parle favorablement de l'auto-édition.
De nombreux auteurs n'ont pas leur place chez les éditeurs ; ils sont plus efficaces qu'une maison d'édition pour promouvoir leurs textes. Je les encourage, lorsqu'ils m'adressent des manuscrits, à choisir cette voie.
Grâce à l'explosion de l'impression en numérique qui aujourd'hui présente toutes les qualités d'impression que l'on est en droit d'exiger pour publier un livre, l'auto-édition devient un projet facile à réaliser.
La seule mise en garde que j'émets, c'est le fait que l'auteur n'est pas à même de se relire, de se corriger, voir de se ré-écrire. Et sauf s'il est doué pour çà, il n'est pas le meilleur pour procéder lui-même à la mise en pages de livres. Les maisons d'édition disposent de savoirs intégrés dans leur fonctionnement permettant de réaliser ce type de travaux.
Un livre qui propose un texte mal corrigé, avec des fautes de typographies ou d'orthographes, dont la mise en pages n'a pas laissé de place pour les marges, etc. c'est un livre qui ne séduira pas le lecteur. Donc le projet de l'auto-édition entrainera alors une perte de temps et d'argent !
D'où le fait que depuis plusieurs années déjà, j'ai mis en place une agence Le Livre à la carte, spécialisée en corrections, réécriture et mise en pages de livres. Cela nous permet d'accompagner les auteurs qui nous sollicitent sur des chemins qu'ils connaissent peu ou mal. A charge pour eux de faire la promotion et la commercialisation de leur ouvrage, une fois imprimé, tandis que nous les accompagnons sur l'écrit à mettre en pages jusqu'à l'impression. Il faut faire appel à des imprimeurs spécialisés en numérique, disposant d'un parc technologique de pointe, ce qui permet d'imprimer des ouvrages de très belle facture, à 100 ou 200 exemplaires, voire moins. La solution est idéale puisqu'on peut réimprimer à la demande et ainsi supprimer les stocks et donc l'immobilisation financière.
A la fin de l'année 2009 à New York, se tiendra le premier salon de l'auto-édition : http://www.selfpubbookexpo.com/
Ce projet mérite d'être remarqué car, s'il prend de l'ampleur, il pourrait à terme modifier les fonctions principales des maisons d'édition.
En effet il se peut qu'avec l'explosion de la bulle internet en matière de commercialisation d'ouvrages, avec le développement des plateformes de téléchargement, on puisse s'attendre à voir d'ici 10 ans de nouvelles zones de production de livres qui n'auront pas besoin des maisons d'édition, devenues des sortes de dinosaures pour la circulation des livres.
Il faut rester ouvert sur le monde qui bouge.
13:19 Publié dans écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : comment se publier, se publier soi-même, auto-édition, auteur-éditeur, le livre à la carte, editer son livre, selfpubbookexpo
08.03.2009
Célébration des écrivains contemporains de Martinique
Face aux événements actuels qui secouent la vie sociale et politique des îles antillaises françaises, la célébration des écrivains de l'île de Martinique disposée sous forme énumérative constitue un acte de soutien politique. Cette liste a été établie à partir des données relevées sur le site Wikipedia. Elle peut être améliorée et enrichie par toute suggestion.
Jean Bernabé, né au Lorrain en Martinique en 1942, est un écrivain et linguiste français. Il est aussi le co-fondateur du mouvement littéraire "La Créolité". Il fut durant plusieurs années le Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université des Antilles et de la Guyane. Il a publié :
* La fable créole
* La graphie créole
* La malgeste des mornes
* Fondal-Natal, essai, 1976 3 volumes
* Fondas-Kréyol, essai, 1982
* Éloge de la créolité, essai, 1989 (avec Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant)
* Le bailleur d'étincelle, roman, 2002
* Précis de syntaxe créole, linguistique créole, 2003
* Le partage des ancêtres, roman, 2004
Guy Cabort-Masson, né en 1937 à Saint-Joseph en Martinique et décédé en mars 2002, est un écrivain nationaliste et anticolonialiste. Il a publié :
* La mangrove mulâtre (roman)
* Pourrir, ou martyr un peu (roman)
* Les puissances d'argent en Martinique : l'Etat français, la caste békée et les autres (essai)
* Les indépendantistes face à eux-mêmes (essai)
* La face cachée de la France aux Antilles : pour une histoire des forces armées coloniales françaises (essai) co-auteur C.Chauvet
* Martinique, comportements et mentalité (essai), Prix Frantz Fanon en 1998
Nicole Cage-Florentiny, né en Martinique où elle vit toujours, est une poète et romancière. Elle écrit sur des faits d'actualité de la société martiniquaise, l'identité culturelle à l'intention des enfants, la prostitution. Elle a publié :
* "Arc-en-ciel, l'espoir" poèmes édition bilingue. Casa de las Américas, Cuba, 1996
* "Confidentiel", roman jeunesse. Edition Dapper, Paris, 2000
* L'Espagnole, Edition Hatier, Paris, 2002
* Aime comme musique ou comme mourir d'aimer, roman. Editions Le Manuscrit puis Editions Scripta en 2006
* C'est vole que je vole, Edition Les oiseaux de papier, Bretagne, 2006
* Et tu dis que tu m'aimes !, Edition Les oiseaux de papier, Bretagne 2007
* Une robe couleur soleil, conte pour enfants, Edtions Lafontaine,Fort-de-France, 2007
* Palabras de paz por tiempos de guerra, poèmes, Edition El Perro y la Rana, Caracas, 2007
* "Dèyé pawol sé lanmou"/"Par-delà les mots, l'amour", Poèmes français/créole, préface de Frank Etienne. K Editions, Fort-de-France, 2008
Elle a reçu les récompenses suivantes :
* 2009 : "Vole avec elle". Roman. Editions Acoria, Paris
* 1996 : elle obtient le Prix Casa de las Américas à Cuba pour son recueil de poèmes "Arc-en-Ciel, l'espoir"
* 2002 : Prix Oeneumi, République de Macédoine pour une sélection de poèmes inédits
* 2004 : Prix de la Créativité au Liban pour "Paroles de paix pour temps de guerre", poèmes
* Son roman C'est vole que je vole a reçu le Prix Gros Sel en 2006.
Aimé Césaire, de son nom complet Aimé Fernand David Césaire, né en 1913 à Basse-Pointe en Martinique et décédé en 2008 à Fort-de-France, est un poète et homme politique français. Il est l'un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu. Il a publié :
* Œuvres complètes (trois volumes), Desormeaux, Fort-de-France, 1976
Poésie
* Cahier d'un retour au pays natal, Revue Volontés n°20, 1939, Pierre Bordas 1947, Présence africaine, Paris, 1956.
* Les Armes miraculeuses, 1946, Gallimard, Paris, 1970
* Soleil cou coupé, 1947, Éditions K., Paris, 1948
* Corps perdu (gravures de Picasso), Éditions Fragrance, Paris, 1950
* Ferrements, Seuil, Paris, 1960, 1991
* Cadastre, Seuil, Paris, 1961
* Moi, laminaire, Seuil, Paris, 1982
* La Poésie, Seuil, Paris, 1994
Théâtre
* Et les chiens se taisaient, Présence Africaine, Paris, 1958, 1997
* La Tragédie du roi Christophe, Présence Africaine, Paris,1963, 1993
* Une saison au Congo, Seuil, Paris, 1966, 2001
* Une tempête, d'après La Tempête de William Shakespeare : adaptation pour un théâtre nègre), Seuil, Paris, 1969, 1997
Essais
* Esclavage et colonisation, Presses Universitaires de France, Paris, 1948, réédition : Victor Schoelcher et l'abolition de l'esclavage, Éditions Le Capucin, Lectoure, 2004
* Discours sur le colonialisme, éditions Réclames, Paris, 1950 ; éditions Présence africaine, 1955
* Discours sur la négritude, 1987, Paris, Présence Africaine, 2004 (avec le Discours sur le colonialisme).
Histoire
* Toussaint Louverture, La révolution Française et le problème colonial, Présence Africaine, Paris, 1962
Entretiens
* Rencontre avec un nègre fondamental, Entretiens avec Patrice Louis, Arléa, Paris, 2004
* Nègre je suis, nègre je resterai, Entretiens avec Françoise Vergès, Albin Michel, Paris, 2005
Enregistrement audio
* Aimé Césaire, Hatier, Paris, Les Voix de l'écriture, 1994
Patrick Chamoiseau, né à Fort-de-France en Martinique en décembre 1953, est un écrivain français. Il a publié :
* Maman Dlo contre la fée Carabosse, théâtre-conte, Éditions caribéennes, 1981
* Chronique des sept misères, roman, Gallimard, 1986
* Solibo magnifique, roman, Gallimard, 1988
* Au temps de l'antan, contes créoles, Hatier, 1988
* Martinique, essai, Ed. Hoa-Qui, 1990
* Éloge de la créolité, essai, Gallimard, 1989 (avec Jean Bernabé et Raphaël Confiant)
* Antan d'enfance, Hatier, 1990
* Lettres créoles : tracées antillaises et continentales de la littérature, Haïti, Guadeloupe, Martinique, Guyane (1635-1975), essai, 1991 (avec Raphaël Confiant)
* Texaco, roman, Gallimard, 1992, Prix Goncourt
* Une Enfance créole 1, Antan d'enfance, autobiographie, 1993, Prix Carbet
* Martinique, essai, 1994 (avec V. Renaudeau)
* Guyane : Traces-Mémoires du bagne, essai, 1994
* Une enfance créole 2, Chemin d'école, autobiographie, 1994
* Écrire en pays dominé, essai, 1997
* L'Esclave vieil homme et le molosse, conte, 1997
* Emerveilles , 1998
* Elmire des sept bonheurs : confidences d'un vieux travailleur de la distillerie Saint-Etienne, essai, 1998 (avec Jean-Luc de Laguarigue)
* Case en pays-mêlés, 2000 (avec Jean-Luc de Laguarigue)
* Métiers créoles : tracées de mélancolie, Hazan, 2001 (avec Jean-Luc de Laguarigue)
* Biblique des derniers gestes, roman, 2002, Prix Spécial du Jury RFO
* Les bois sacrés d'Hélénon, 2002 (avec Dominique Berthet)
* Le commandeur d'une pluie ; l'accra de la richesse, 2002 (avec William Wilson)
* Livret des villes du deuxième monde, 2002
* Une enfance créole 3, À bout d'enfance, autobiographie, 2005
* Un dimanche au cachot, roman, 2007
* Quand les murs tombent ; l'identité nationale hors-la-loi ?, essai, 2007 (avec Edouard Glissant)
Raphaël Confiant, né en 1951 au Lorrain en Martinique, a fait ses études supérieures à l'Université d'Aix-en-Provence. Il écrit dans les deux langues. Il est actuellement maître de conférence à l'Université des Antilles et de la Guyane.
Il a publié :
En langue créole :
* Jik dèyè do Bondyé, nouvelles, 1979
* Jou Baré, poèmes, 1981
* Bitako-a, roman, 1985
* Kòd Yanm, roman, 1986
* Marisosé, roman, 1987
* Dictionnaires des titim et sirandanes, 1997
En langue française *
* Le Nègre et l'Amiral, roman, 1988, Prix Antigone
* Eloge de la créolité, essai, 1989 (avec Jean Bernabé et Patrick Chamoiseau)
* Lettres créoles: tracées antillaises et continentales de la littérature (1635-1975), essai, 1991
* Eau de Café, roman 1991, Prix Novembre
* Ravines du devant-jour, récit, 1993, Prix Casa de las Americas
* Commandeur du sucre, récit, 1993
* Aimé Césaire, une traversée paradoxale du siècle, essai, 1993
* L'Allée des Soupirs, roman, 1994, Prix Carbet
* Bassin des ouragans, récit, 1994
* Les maîtres de la parole créole, contes, 1995
* Contes créoles, contes, 1995
* Le Gouverneur des dés, récit, 1995
* Mamzelle Libellule, roman, 1995
* La Savane des pétrifications, récit, 1995
* La Vierge du Grand Retour, roman, 1996
* La baignoire de Joséphine, récit, 1997
* Le Meurtre de Samedi-Gloria , roman , 1997, Prix RFO
* L'archet du colonel, roman, 1998
* Régisseur du rhum, récit, 1999
* Le Cahier de Romance, récit, 2000
* Brin d'amour, roman, 2001
* Nuée ardente, récit, 2002
* La panse du chacal, roman 2004, Prix des Amériques insulaires et de la Guyane
* Adèle et la pacotilleuse, roman 2005
* Nègre marron, roman, 2006
Tony Delsham, né en février 1946 à Fort-de-France en Martinique, est un écrivain français. Il est le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Antilla et participe régulièrement à l'émission Dialogue avec la presse de Kanal Martinique Télévision.
Il a publié :
* Le Salopard. Paris : Presses de la Circex, 1971.
* Xavier: le drame d'un émigré antillais. Fort-de-France: Éditions M.G.G., 1981.
* Ma Justice. Fort-de-France: Éditions M.G.G., 1982.
* Les Larmes des autres, roman antillais. Fort-de-France: M.G.G., 1983.
* Lapo Farine, roman antillais. Fort-de-France: M.G.G., 1984.
* Panique aux Antilles. Fort-de-France: M.G.G., 1985.
* Tracée sans horizon. Fort-de-France: M.G.G., 1985.
* L'Impuissant. Fort-de-France: M.G.G., 1986.
* L'Ababa. Fort-de-France: M.G.G., 1987.
* Le Siècle :
o Tome 1 : Fanm Dèwó, roman antillais. Schœlcher: MGG, 1993.
o Tome 2 : Antan Robè, roman antillais. Schœlcher: MGG, 1994.
o Tome 3 : Lycée Schœlcher. Schœlcher: MGG, 1995.
o Tome 4 : Choc. Schœlcher: MGG, 1996.
o Tome 5 : Dérives, roman antillais. Schœlcher: MGG, 1999.
* Kout fè. Schœlcher: MGG, 1994.
* Papa, est-ce que je peux venir mourir à la maison ? Schœlcher: MGG, 1997.
* Gwo Pwèl, vies coupées. Schœlcher: MGG, 1998.
* Gueule de journaliste. Schœlcher: MGG, 1999.
* Négropolitains et euro-blacks. Schœlcher: MGG, 2000.
* Chauve qui peut à Schœlcher, comédie policière. Schœlcher: Martinique Éditions, 2001.
* Tribunal femmes bafouées. Schœlcher: Martinique Éditions, 2001.
* Lapo Farine. Schœlcher: Martinique Éditions., 2002.
* Chauve qui peut à Schœlcher, comédie policière. Schœlcher: Martinique Éditions, 2003.
* Filiation :
o Tome 1 : M'man Lèlène. Schœlcher: Martinique Éditions, 2004.
o Tome 2 : Une Petite Main, chargez ! Schœlcher: Martinique Éditions, 2004.
o Tome 3 : Le Fromager. Schœlcher: Martinique Éditions, 2005.
Essai
* Cénesthésie et l'urgence d'être, 2005.
Théâtre
* Katia, adaptation de l'Ababa par Tony Delsham, mise en scène de Gérard Bourdon en janvier 1994. Tournées : Martinique, Guadeloupe.
* Tribunal femmes bafouées, adaptation de Tony Delsham. Mise en scène de José Alpha. Tournées: Martinique, Guadeloupe, France, Canada.
* Hugo, expérience de co-écriture avec un auteur haïtien (Syto Cavé), un auteur canadien (Dominique Champagne) et un auteur martiniquais (Tony Delsham). Mise en scène de Gérard Bourdon. Producteur: Centre d'Actions Culturelles (Martinique), 1998.
La route du rêve. Mise en scène de Gérard Bourdon.
* Papa, est-ce que je peux venir mourir à la maison ? Adaptation de Tony Delsham, mise en scène de Jean José Alpha. Tournées 1999 : Martinique, Guadeloupe, France, Canada, Sainte-Lucie.
* Captation vidéocassette : Production de L'Union pour la Promotion de l'Art Antillais et du Conseil général de la Martinique, 2000.
Télévision
* Papa, est-ce que je peux venir mourir à la maison ? Adaptation et réalisation: Christian Lara. Coproduction: RFO et Caraïbe Film Compagnie. Téléfilm présenté à Paris le 25 juin 2001 et diffusé à la Guadeloupe et à la Martinique en octobre 2001.
Bandes dessinées
* M.G.G, mensuel de bandes dessinées. Tony Delsham, directeur de la publication et rédacteur en chef, 1972-1975.
* Colick Blag Bo kaye, mensuel satirique. Tony Delsham, directeur de la publication, 1972-1975.
* Le retour de Monsieur Coutcha (album), scénario de Tony Delsham; dessins de Abel. Fort-de-France: Éditions M.G.G., 1984
Frantz Fanon né à Fort-de-France en Martinique en juillet 1925 et décédé à Washington DC en décembre 1961, était un psychiatre et essayiste français. Il fut l'un des fondateurs du courant de pensée tiers-mondiste. Il a publié :
* L'œil se noie, Les Mains parallèles, La Conspiration, trois pièces de théâtres inédites écrites entre 1949 et 1950. Ouvrages introuvables.
* Peau noire, masques blancs, 1952.
* L'An V de la révolution algérienne, 1959.
* Les Damnés de la Terre, La Découverte, 1961.
* Pour la révolution africaine, La Découverte, 1964.
Édouard Glissant, né en septembre 1928 à Sainte-Marie à la Martinique est un écrivain, poète et essayiste français. Titulaire d’un doctorat ès lettres, il publie ses premiers ouvrages après des études en ethnographie au Musée de l'Homme, d’histoire et de philosophie à la Sorbonne. Il est très engagé en faveur de la reconnaissance de la culture antillaise. Il a publié :
* Un champ d’îles, poème
* La Terre inquiète, poème
* Les Indes, poème
* La Terre inquiète', poésie, 1955
* La Lézarde, roman, 1958, Prix Renaudot
* Le sel noir, poésie, 1960
* Monsieur Toussaint, théâtre, 1961
* Le Quatrième Siècle, roman, 1964
* Un champ d’îles, La Terre inquiète, Les Indes, poésie, 1965
* L'Intention poétique, (Poétique II), essai, 1969
* Le discours antillais, essais, 1981
* La case du commandeur, roman, 1981
* Pays rêvé, pays réel, poésie, 1985
* Poétique de la Relation, essais, 1990
* Tout-Monde, roman, 1993
* Faulkner, Mississippi, Stock, Paris, 1996, rééd. Gallimard, Folio essais, Paris, 1998, 368 p. (ISBN 2-07-032981-X)
* Traité du Tout-Monde, essais, 1997
* Mahagony, roman, 1997
* Malemort, roman, 1997
* Le quatrième siècle, roman, 1997
* Sartorius..., roman, 1999
* Le monde incréé, poésie, 2000
* Ormérod, roman, 2003
* La cohée du lamentin, essais, 2004
* Une Nouvelle région du monde. Esthétique 1, essais, 2006
* Quand les murs tombent - L'identité nationale hors la loi ?, essai, avec Patrick Chamoiseau, 2007
* L'intraitable beauté du monde - Adresse à Barack Obama, essai, avec Patrick Chamoiseau, 2009
René Ménil, né en 1907 au Gros-Morne en Martinique et décédé en août 2004, est un philosophe et essayiste. Il fut professeur de philosophie au lycée Victor-Schoelcher de Fort-de-France. Il est avec Césaire, Fanon et Glissant l'un des plus grands penseurs martiniquais.
Il a publié :
* Tracées : identité, négritude, esthétique aux Antilles, éditions Robert Laffont, 1992
* Légitime défense, 1932, réédité 1997
* Antilles déjà jadis, 1999
René Ménil fut l'auteur de nombreux articles politiques dans le journal Justice, organe du Parti communiste martiniquais.
Xavier Orville, né en janvier 1932 à Case-Pilote en Martinique et décédé en août 2001, est un philosophe et romancier. Agrégé d'espagnol et titulaire d'un doctorat de littérature soutenu à la Faculté de Lettres de Toulouse. Professeur de lycée en France, avant d'être nommé à l'université des Antilles Guyanne, il a publié :
* Délice et le Fromager, Paris, Grasset, 1977.
* La Tapisserie du temps présent, Paris, Grasset, 1979.
* L'Homme au sept noms et des poussières, Paris, Grasset, 1980.
* Le Marchand de larmes, Paris, Grasset, 1985.
* Laisser brûler Laventurcia, Paris, Grasset, 1989.
* Cœur à vie, Paris, Stock, 1993.
* La Voie des cerf-volants, Paris, Stock, 1994.
* Moi, Trésilien-Théodore Auguste, Paris, Stock, 1996.
* Le Corps absent de Prosper Ventura (préface de Martine Le Coz), Paris, Du Rocher, 2002.
Nouvelles
* Koubaril, Toulouse, Gutenberg, s.d.
* Le Parfum des belles de nuit, Saint-Maur, Sépia, 1996.
* « Sous-marins », in Bernard Magnier (dir.), À peine plus qu'un cyclone aux Antilles, Cognac, Le Temps qu'il fait, 1998, p. 31-36.
Théâtre
Certaines pièces de Xavier Orville ont été mises en scène et publiées, comme Cœur de vie (Paris, Stock, 1993) et La Romance (1994). Traversée a été jouée par le théâtre du Flamboyant de la Martinique en octobre 1995 et présentée au Festival des francophonies à Limoges.
Articles
* « Création romanesque et conception antillaise du monde », Parcours, n° 13-14.
* « Écrire dans la Caraïbe aujourd'hui », Conjonction, n° 202 (1997), p. 81-86.
Il a reçu les récompenses suivantes :
* 1979 : Prix littéraire des Caraïbes, pour Délice et le Fromager.
* 1993 : Prix Frantz-Fanon, pour Coeur à vie.
Audrey Pulvar, née en février 1972 à Fort de France en Martinique, est une journaliste française et notamment présentatrice du journal télévisé de France 3. Elle a publié :
* L'Enfant-Bois, Mercure de France, Paris, 2004
Raphaël Tardon, de son nom complet Raphaël Louis Thomas Tardon, né en octobre 1911 à Fort-de-France en Martinique et décédé en janvier 1967 à Paris, était un poète et écrivain français. Il a publié :
* Bleu des Isles, Fasquelle (Paris) - Recueil de contes sur le microcosme martiniquais
* Starkenfirst, Fasquelle (Paris) - Roman, grand prix littéraire des Antilles 1948
* La Caldeira, Fasquelle (Paris) - Réédité en 2002 par Ibis Rouge - Roman, reconstitution du Saint-Pierre d'avant l'éruption de 1902
* Le combat de Schoelcher, Fasquelle (Paris) - Essai historique
* Christ aux poing, Fasquelle (Paris) - Roman sur l'Océanie
* Toussaint Louverture, le Napoléon noir, Éditions Bellemand - Essai historique
*Noirs et blancs, l'appartheid, Denoël (Paris) - Essai sur l'Afrique du SudBleu des Isles, Fasquelle (Paris) - Recueil de contes sur le microcosme martiniquais
*Starkenfirst, Fasquelle (Paris) - Roman, grand prix littéraire des Antilles 1948
* La Caldeira, Fasquelle (Paris) - Réédité en 2002 par Ibis Rouge - Roman, reconstitution du Saint-Pierre d'avant l'éruption de 1902
* Le combat de Schoelcher, Fasquelle (Paris) - Essai historique
* Christ aux poing, Fasquelle (Paris) - Roman sur l'Océanie
*Toussaint Louverture, le Napoléon noir, Éditions Bellemand - Essai historique
* Noirs et blancs, l'appartheid, Denoël (Paris) - Essai sur l'Afrique du Sud
Joseph Zobel né en avril 1915 à Rivière-Salée en Martinique et décédé en juin 2006 à Alès en France est un romancier et poète français de la Martinique, considéré comme l'un des auteurs les plus significatifs de la littérature antillaise. Né dans une famille très modeste de la Martinique, il a tiré de son enfance un roman, La Rue Cases-Nègres, porté à l'écran par Euzhan Palcy en 1982.
Il a publié :
Romans :
* Les Jours immobiles (Fort-de-France: Imprimerie officielle)
* Diab'-là (Paris: Nouvelles Editions Latines)
* La Rue case-nègres (Paris: J. Froissart)
* La Fête à Paris (Paris: La Table Ronde)
* Les Mains pleines d'oiseaux (Paris: Nouvelles Editions Latines)
* Quand la neige aura fondu (Paris: Nouvelles Editions Latines)
Nouvelles :
* Laghia de la Mort (Fort-de-France: Imprimerie Officielle / Paris: Présence Africaine)
* Le Soleil Partagé (Paris: Présence Africaine)
* Et si la mer n'était pas bleue (Paris: Éditions caribéennes)
* Mas Badara (Paris: Nouvelles Editions Latines)
* Gertal et autres Nouvelles - Suivi de Journal 1946-2002 (Matoury: Ibis Rouge Editions)
Poésie
* Le Soleil m'a dit. Œuvre poétique (Matoury: Ibis Rouge Editions)
PS : Le visuel qui illustre cet article est une oeuvre de Joseph Cornell (artiste américain surréaliste, 1903 - 1972) intitulée "Hotel Eden".
12:52 Publié dans écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écrivains, francophonie, littérature, antilles, martinique, aimé césaire, audrey pulvar, franz fanon, edouard glissant, jean bernabé, créole, français
22.02.2009
J.-M.G. LE CLEZIO, ou le silence assourdissant de la France
En décembre 2008, le prix Nobel de littérature était attribué à J.-M.G. Le Clézio, écrivain français dont le regard se tourne davantage vers l'Amérique, l'Afrique, ou les Antilles. On aurait pu penser que les défenseurs de "l'exception culturelle française" allaient se précipiter sur ce coup de chapeau international. On aurait pu imaginer que les responsables culturels de tous bords allaient s'engager à lire et relire l'œuvre de Le Clézio. Il n'en est rien. On ne dit rien. Pourtant les lecteurs de Le Clézio sont très nombreux en France et dans le monde. Dans les universités, beaucoup d'étudiants travaillent sur des sujets de thèse consacrés à Le Clézio. En France, une association des lecteurs de Le Clézio a vu le jour en 2007. On peut penser qu'elle sera à même d'aider à une meilleure connaissance de cette littérature, par le biais d'une revue annuelle intitulée les Cahiers Le Clézio, à commander directement chez l'éditeur ou chez votre libraire. Ces lecteurs anonymes, militants, passionnés sont extrêmement fiers d'avoir découvert avant la reconnaissance internationale, un écrivain à part dans le paysage littéraire français.
Il n'en demeure pas moins qu'on peut s'interroger sur le silence qui, en France, recouvre l'œuvre littéraire de JMG Le Clézio. Certes l'écrivain est peu enclin à favoriser les rencontres populaires, les interviews, les télés, etc. Homme profondément libre, voyageur aux semelles de vent, il est lui-même rentré à nouveau dans la solitude, depuis que ce sont achevées les cérémonies du Prix Nobel de littérature.
Du 26 au 28 février 2009 se tiendra le premier festival de littérature française à New York. Vu de France, l'idée paraît excellente, même si on ignore quel public va fréquenter ce festival, et s'il sera enthousiaste... Vu de France, on peut tout imaginer. On peut même imaginer le pire, que ce soit un fiasco complet ! que la cohorte des écrivains français invités à New York se retrouvent seuls sans lecteurs, mais juste quelques mondains et amis de la France. A lire les noms des invités, on est surpris... Sont-ils, ces écrivains-là, du moins quelques-uns d'entre eux, les représentants de la littérature française d'aujourd'hui ? Ne sont-ils pas plutôt les membres reconnus d'une sorte de réseau, un cercle fermé d'auteurs, qui font marcher les ventes de l'édition française, qui passent plus de temps avec les journalistes qu'avec les lecteurs mais qui n'ont rien à voir avec la littérature internationale francophone.
Le programme de cette manifestation aurait pu être généreux et audacieux : il est d'une pauvreté affligeante, si on le place dans le contexte de la mondialisation culturelle et internet. On apprend que les auteurs invités vont respectivement bavarder avec un auteur américain... Le projet s'arrête là.
Dans le monde chancelant de l'économie de marché qui génère angoisses et incertitudes, les lecteurs auront de plus en plus besoin de croiser des écrivains remarquables qui les aideront à vivre, grâce à un imaginaire fécond, une langue riche, une syntaxe originale, un choix singulier de métaphores, des obsessions, des névroses.
Le silence qui recouvre la littérature de Le Clézio trahit des paradoxes et des hypocrisies. Il signe peut-être la mort définitive de cet étrange et dangereux concept d'exception culturelle française.
PS : Au moment où cet article est publié, Jean Marie Gustave Le Clézio ainsi que l'écrivain Hubert Haddad, lauréat du Prix des cinq continents de la Francophonie 2008, sont invités au Sénégal du 19 au 28 février 2009, à l'initiative de l’Organisation internationale de la Francophonie. Des rencontres littéraires sont arganisées pour permettre d’échanger avec des lycéens, étudiants, écrivains, libraires et artistes. L’occasion pour les deux écrivains de rappeler leur attachement à l'interculturalité pour que toutes les cultures s'expriment dans le respect de leurs différences.
Ces rencontres font partie du programme promotionnel du lauréat du Prix des cinq continents, qui a obtenu cette distinction pour son roman «Palestine (Editions Zulma). Jean-Marie Gustave Le Clézio est membre du Jury du Prix des Cinq continents depuis sa création en 2001.
Note à propos du visuel : Joseph Kosuth (American, b. 1945). 276. (On Color Blue), 1990. Neon tubing, transformer, and electrical wires, 30 x 162 in. (76.2 x 411.48 cm). 1992.215, Mary Smith Dorward Fund. 2009, Brooklyn Museum.
28.01.2009
Le blanc autour du texte
La mise en pages d'un texte est une sorte de mise en scène des mots, des phrase, des paragraphes dans la page. Elle a pour objectif principal d'aider le lecteur à entrer dans le texte, à mieux l'apprivoiser, à mieux le comprendre. Et pour cela, il y a des outils : le choix typographique, le format de l'ouvrage, l'interlignage, les marges. Si on réfléchit à cette mise en scène des mots, on découvre à quel point la part du blanc, généreuse et calibrée, favorise l'émergence du sens dans le texte.
Il faut du blanc autour du texte. Souvent même il faut beaucoup de blanc. Une large part de blanc.
Le blanc n'est pas le vide. Le blanc est comme l'ombre. Il est le mystère de ce qui est. Il y a une sorte de magie qui habite le blanc autour du texte écrit.
Nombre d'auteurs, souvent des poètes, pensent à tort qu'un espace blanc entre les paragraphes, offre, "une respiration", disent-ils.
J'ai connu des auteurs qui m'ont fait souffrir en réclamant, comme un caprice, des sauts de ligne ici et là.
Quand il s'agit d'un texte, d'une écriture, le mot "respiration" ressemble à une torture.
Que veut dire "respirer" pour l'auteur ? On aimerait qu'il nous dise... Cette "respiration" que réclame l'auteur, n'est-elle pas là pour juste apaiser les inquiétudes de l'auteur ? Pourquoi l'auteur veut-il aider le texte à "respirer" ? à moins qu'il veuille aider le lecteur à respirer... ce qui est pire.
Tout cela est du bavardage.
Seul, l'éditeur sait que le blanc autour du texte donne force à l'écriture.
Pour faire un livre, il faut penser au blanc autour du texte et non pas au blanc à l'intérieur du texte. L'alinéa justifie par sa seule existence, le temps de pause, le passage d'une idée à une autre, d'une scène à une autre. Le chapitre remplit également cette fonction : passer d'un sujet à un autre.
On oublie l'impact du blanc, aujourd'hui, dans ce monde tout en images colorées.
Le typographe Massin nous enseigné la valeur du blanc. Il nous l'enseigne encore d'ailleurs. Et le plus bel exemple, dans sa production foisonnante, c'est son concept de couverture de la Collection Folio, chez Gallimard où le blanc exprime son éclat particulier.
La célébration du "blanc autour" : une mise en scène du sens, des sens et des désirs.
11:26 Publié dans écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livre, écriture, poésie, poème, littérature, typographie, graphisme
16.12.2008
Ecrire, ré-écrire un texte
Un texte n'est jamais abouti. Je suis toujours surprise lorsque je demande aux auteurs de relire leur texte et d'apporter les nouvelles corrections. Ils me regardent, interloqués. Ils ont du mal à comprendre que ce texte qui a été accepté par l'éditeur puisse encore être modifié. Comme si le texte était une œuvre bouclée une bonne fois pour toute. La ré-écriture est une tentation salutaire. Il faut passer le temps à reprendre le texte, jusqu'à épuisement de soi même. C'est un moment riche, pour l'écrivain face à son texte : le reprendre, l'enrichir, lui redonner une couleur qui lui manquait. La réécriture d'un texte est aussi un travail fastidieux que certains auteurs universitaires d'ailleurs confient à des professionnels pour pouvoir prendre du recul face à leur travaux de publications. Je conçois cela.
12:12 Publié dans écriture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : écriture, livre, publier, texte, roman, poésies
14.12.2008
Pourquoi écrire ?
Les manuscrits sont toujours empilés, nombreux, sur la table de l'éditeur. Si les auteurs découvraient physiquement l'état de ces piles de manuscrits, ils se sauveraient en courant, et oublieraient leur désir d'être publiés. A moins que les auteurs soient plus tenaces que je ne les imagine. Et coût que coûte, ils vont batailler pour voir leur manuscrit figurer en première place sur le haut de la pile.
C'est toujours difficile de refuser un manuscrit. Mais le refus est une nécessité. Ce qui est difficile, ce n'est pas de refuser. Mais c'est de mesurer l'attente de l'auteur, une attente immense et intense, face à votre avis d'éditrice. Il pourrait se forger un dialogue entre l'auteur et l'éditrice. Dans certains cas, ce dialogue est possible. La plupart du temps il est impossible, faute de temps, faute d'émotion aussi. Il y a tant de manuscrits qui parviennent jusqu'à moi dont je ne comprends pas une ligne.
J'ai appris à dire : " Il y a un livre en chaque homme. Chaque homme au monde a un livre à écrire. Au moins un. Nul besoin alors de le publier." C'est lorsque les manuscrits s'accumulent en soi que l'on peut prétendre au statut d'écrivain. Je crois que c'est ainsi.

Ci-dessous, voici le dernier ouvrage que j'ai dirigé au sein de la maison d'édition Complicités ; c'est le premier numéro d'une revue annuelle qui permettra aux lecteurs de l'œuvre de J.-M.G. Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008, d'en apprendre davantage sur cette œuvre magnifique. On peut le commander directement sur le site de la maison d'édition ainsi que chez le libraire.
18:16 Publié dans écriture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : écriture, ecriture, manuscrit, edition, editer

